Comptoir des mines galerie
Siham Jadraoui / Aujourd'hui.ma / 26 décembre 2019

Le Comptoir des Mines à Marrakech s’apprête à ouvrir ses portes pour accueillir en cette fin décembre les amateurs de l’art à l’occasion de l’exposition «Ressala» de Mohamed Arejdal, qui clôture cette saison et inaugure avec force la suivante. Née d’une promesse d’engagement total passée en 2017 entre l’artiste et Hicham Daoudi, président de la CMOOA, cette exposition majeure dotée d’une dimension muséale découle d’une volonté de défendre une vision alternative de l’art au Maroc et de proposer une autre lecture de la notion d’un «Grand Sud».

Le Comptoir des Mines à Marrakech s’apprête à ouvrir ses portes pour accueillir en cette fin décembre les amateurs de l’art à l’occasion de l’exposition «Ressala» de Mohamed Arejdal, qui clôture cette saison et inaugure avec force la suivante. Née d’une promesse d’engagement total passée en 2017 entre l’artiste et Hicham Daoudi, président de la CMOOA, cette exposition majeure dotée d’une dimension muséale découle d’une volonté de défendre une vision alternative de l’art au Maroc et de proposer une autre lecture de la notion d’un «Grand Sud».

«Ne se limitant plus à un territoire spatial ou à une géographie du tiers-monde, le «Grand Sud» mis en avant par l’artiste trouverait davantage son sens dans un agrégat de coutumes, de pratiques humaines et de cultures devenues «minoritaires» qui se démarquent d’une «définition occidentale»», expliquent, à ce sujet, les initiateurs de cette exposition. Il faut dire que les œuvres qui jalonnent les grandes phases du parcours de l’exposition sont toutes empreintes des traces du vivant, du sacré ou des coutumes ancestrales, de même qu’elles représentent des fragments de «ce Grand Sud» imaginaire mis en péril par le rythme d’une modernité imposée. «Si elle représente un aboutissement important pour l’artiste, «Ressala» est un défi colossal pour le Comptoir des Mines afin d’accompagner l’un des personnages les plus fascinants de la scène artistique marocaine dans «son bilan d’étape décennal»», indique-t-on. En ajoutant que «le titre de l’exposition «Ressala», que l’on pourrait traduire par l’idée de «lettre» ou de «message» pour les publics non arabophones, renvoie à la sémantique même du Sacré en Islam».

Mohamed Arejdal ne se prétend ni un être céleste ni un messie, il revendique en revanche farouchement sa légitimité à témoigner d’un monde en mutation dont il se sait fin observateur. S’il endosse aujourd’hui le rôle de «messager», c’est qu’il a conscience de porter en lui une vérité que l’urgence du moment le force à transmettre à travers son langage visuel. «Je suis une voix venant du Sud», se plaît-il à répéter. Mohamed a une mission, celle de rappeler sans cesse la disparition des particularités et des exceptions culturelles qui façonnaient les mosaïques humaines au Maroc, mais aussi en Afrique de l’Ouest, et bien au-delà encore. «C’est notre responsabilité commune d’en parler et d’interroger à notre tour les gens», affirme-t-il au détour de ses conversations avec ses nombreux interlocuteurs. A vrai dire, Mohamed Arejdal est un personnage fascinant dont les obstacles de la vie n’ont jamais altéré la détermination.

De l’obtention de son diplôme de l’INBA Tétouan en 2008, jusqu’à la reconnaissance acquise durant la Bienalsur à Buenos Aires en 2019. Cette prise de risque pour vivre intensément sa «mission» artistique ne l’a plus quitté depuis, comme en attestent ses nombreux voyages en Afrique de l’Ouest et au Sahel. A pied, à dos de chameau, ou en autocar, Mohamed s’est souvent mêlé aux populations et caravanes nomades sans connaître à l’avance sa destination finale. Roues motrices de son imaginaire, ce sont avant tout les voyages, les rencontres et le dialogue qui comptent à ses yeux comme autant d’empreintes de ces moments qu’il finit par matérialiser en œuvre d’art.

L’exposition «Ressala» se tiendra du 28 décembre 2019 au 5 février 2020.